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Enseignements sur DVD : Comment pourrait se dérouler la PCEM1 du futur

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Depuis la rentrée 2006, face au problème de places en amphithéatre, les étudiants en PCEM1 de Grenoble n’ont plus de cours magistraux mais des cours sur DVD. Ce nouveau système pourrait, en cas de succès faire boule de neige au niveau national, surtout avec la mise en place d’une licence santé pour les enseignements communs.

Le principe

Un DVD est distribué à chaque début de semestre après une courte présentation du déroulement de l’auto-apprentissage. Par la suite, chaque étudiant doit étudier par lui même ses cours selon un planning hebdomadaire.

D’autre part, le renforcement des tutorats ainsi que l’organisation assez particulière du calendrier a pour but de faire couler les prépas privées.

Le support

Le DVD est lisible sur ordinateur et une version pour lecteur de salon est disponible. Plus d’une centaine d’ordinateur ont été acheté mais étant donné le nombre d’étudiant, leur utilisation est limitée par un système de "crédits horaire". L’incitation est donc à l’achat d’ordinateur portable.

Le DVD est organisé comme un site web. Sur la page d’accueil, les étudiants sélectionnent leur groupe (ils n’apprennent pas tous les mêmes matières en même temps). Ensuite ils accèdent à leur emploi du temps qui les renvoit par un lien ensuite sur leurs cours.

Les cours sont présentés sous la forme de diapositives synchronisés avec les commentaires enregistrés par les professeurs. Les étudiants peuvent naviguer librement d’une diapositive à une autre et mettre en pause. Il est aussi possible d’accéder à une version podcast et videocast sur le portail med@tice (accès avec login). Une version imprimable (format pdf) des diapositives est disponible sur le DVD.

Par ailleurs, Internet est nécessaire pour avoir accès au formulaire de question aux professeurs et aux évaluations en ligne (toujours protégé par un système de login)

Déroulement

Les enseignements sont organisés par cycles de 4 semaines qui se recoupent entre eux.

La première semaine, les étudiants étudient 2 matières sur les 4 qui sont l’objet de la partie du concours de chaque semestre, ce qui fait un total d’environ 6h de visionnage minimum. Normalement, ce système n’est pas fait pour apprendre en boucle en se contentant de visionner le cours mais doit permettre à l’étudiant de prendre des notes comme s’il était en cours magistral.

La deuxième semaine, les étudiants ont la possibilité d’envoyer par internet des questions aux professeurs responsables des enseignements qu’ils viennent d’étudier. Pendant ce temps un 2ème cycle d’apprentissage se met en route (ainsi de suite chaque semaine).

En 3ème semaine, 2 séances de "questions/réponses" de 2h sont organisées en groupes de 150. Pendant ces séances, les professeurs qui posent les questions au concours doivent expliquer les points mal compris qui sont apparus dans les questions qu’ils ont reçu (pendant la 2ème semaine). Ils en profitent pour rectifier les erreurs qui ont pu rester sur le DVD et souligner les point important qui sont l’objet du concours.

En 4ème semaine, 2 séances de tutorat de 2h sont organisées. Il consiste en des mini-concours blanc sur les parties du cours qu’ils ont vu pendant la semaine 1. Ce tutorat est fait par les étudiants de 3ème année (DCEM1) qui ont reçu une formation, fait une séance de préparation avec le professeur qui a fait le cours, ne s’occupe que d’une matière par semestre et sont rémunérés comme moniteur d’université.

Le débat ?

Les élus étudiants des différents conseils d’UFR et d’université (CEVU, CA, etc...) bien que globalement contre au premier abord se sont vite retrouvés dans l’impasse. Effectivement, les capacités du grand amphi de la faculté de médecine étaient dépassées pour la prochaine rentrée, aucune solution n’ayant été envisagée auparavant. La seule solution de long terme envisageable était le DVD, aucune infrastructure n’étant disponible ni ne pouvait être construite.

L’inconvénient majeur du DVD est l’isolement social de l’étudiant qui n’a de réel contact avec un professeur et d’autres étudiants que 4h par semaine. Le format d’enseignement entraine une perte de repère dans son avancement, sa facilité ou ses difficultés par rapport aux autres.

Évidemment, ce genre de réforme ne s’est pas faite sans secouer le microcosme des étudiants en médecine. Le plus dur à supporter pour les étudiants a été le coté secret-défense du vote et de la mise en place de cette réforme. En effet, aucune communication n’a été faite. Lors de la révélation du projet quasiment déjà passé au vote, rien n’a été fait pour expliquer, ce qui était de toute manière trop tard vu que les étudiants se sont sentis tenus à l’écart.

Le fait est que l’administration est restée sur la défensive en incitant très fortement les élus à ne pas trop en parler pour éviter de perturber l’année universitaire des PCEM1. Par la suite, cette posture braquée a entrainé une communication à sens unique utilisant les médias locaux comme moyen de publicité. La fin de l’année arrivant et le manque d’organisation des étudiants a empêché le débat public.

Par la suite, le DVD a été distribué à l’ensemble des doyens de la conférence des doyens des facultés de médecine dans un accueil glacial. Cependant, aucun n’a refusé le DVD. Après avoir fait tous les journaux de 20h, le DVD est non-seulement demandé partout en France tant par curiosité que réel intérêt, mais aussi jusqu’à une grande université américaine.

Vers la généralisation ???

Partout en France existe un manque criant de place vis à vis de l’augmentation croissante des effectifs en médecine. Rien n’ayant été fait pour stopper l’afflux en amont, de nombreux amphis commencent à sérieusement saturer. Par ailleurs, la mise en place d’une licence santé pourrait voir encore une augmentation par concentration du nombre d’étudiant. La mise en place d’un DVD pour les enseignements commun serait une solution bien pratique pour palier les infrastructures manquantes.

Le côté paradoxal est que cette réforme coûte cher, mais les fonds qui ne pouvaient pas être libéré pour agrandir un amphithéâtre l’ont été pour un projet pilote. On ne peut donc nier que cette réforme est suivie avec grand intêrêt. Mais ce sont des coûts globalement fixes (achats d’ordinateurs, financement de la première version, création d’un portail internet), contrebalancés par la diminution envisageable des heures d’enseignement.

Au final, ce système ne présente pas que des inconvénients si ce n’est un certain isolement social. Les cours sont plutôt bons ainsi que les tutorats malgré quelques cafouillages. Certains nouveaux professeurs ont en effet commis quelques contradictions, et l’ordre de certains cours a manqué de logiques (cours pré-requis se retrouvant après les cours plus poussés). Mais dans l’ensemble le système, quelque soit le jugement moral qu’on peut lui donner, fonctionne...

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